mercredi 25 août 2010

Inception : de l'effet ou de l'esprit de synthèse ?

Comme l'indique la signification du titre : "Origine", tout se joue dans les dernières 5 mn, quand on atteint les émotions les plus primaires, au fin fond du subconscient. Car bien-sûr vous vous êtes endormi en cours de route. (durée du film = 2h28)
Coup sur coup, on apprend qu'une idée tue, que le remords vous rappelle toujours à la réalité plus sûrement qu'une toupie, que les gens sont quand-mêmes vachement plus intéressants en vrai avec leur part de mystère que tout fabriqués dans nos rêves. Avec un petit suspens quand ils (et nous) essaient(yons) de se (nous) réveiller.

Dans Matrix, il y avait une certaine cohérence dans l'architecture du monde, là on passe d'une sĥère à l'autre à la convenance du réalisateur : quelle différence entre les limbes et les rêves ? Dans Shutter Island il y avait une performance d'acteur avec une réelle ambiguïté concernant la santé mentale de Di Caprio. Là notre brave blondinet disparaît totalement derrière les effets à outrance de son univers. Le film s'attarde sur des moments sans importance : le saucissonage dans l'ascenseur supposé ne durer que quelques mn, et néglige de développer certaines trouvailles : comment l'architecte influence-t-elle la forme prise par les rêves ? Et que dire de la violence des morts à répétition, pendant toute la durée du film ?

L'architecture des rêves est grandiose. On ne peut s'empêcher de comparer Nolan et Cobb : le cinéaste est lui aussi architecte, explorateur, enquêteur, avec son style, ses obsessions et ses erreurs. Le cinéaste chercherait-il alors à nous implanter son idée dans la tête ? Le réalisateur se trouve-t-il comme dans le rêve, dans une sphère de "création pure" ? Mais bien que l'histoire se développe selon les règles de la réthorique : en trois parties, un brin d'esprit de synthèse aurait été le bienvenu.
Qu'en pensez-vous ?

jeudi 12 août 2010

Lifter un logo, qu'est-ce que ça implique ?

Du temps.
Des gens.
De l'argent.
Et de jolies petites vidéos !
L'exemple Virgin Atlantic :


Virgin Atlantic plane livery time-lapse movie from johnson banks on Vimeo.

La Bretagne, ou le cliché beaubio

Cliquez sur les images pour mieux les apprécier


 Estuaire du Trieux

Marché de Pleubian

Source de la roche Jagu


Port Béni

Quelque part, entre Paimpol et Lézardrieux...

lundi 21 juin 2010

Haro sur le baudet !


D'après un rapport de l'ONU, des quartiers pauvres ont été rasés dans les villes sud africaines, afin de construire des stades de foot. S'agit-il d'un éternel recommencement du régime d'apartheid ?

Je suis convaincue que c'est un pays où il ne fait pas bon vivre, et où l'administration est totalement inégalitaire : tout le monde est discriminé, et lutte pour maintenir (gagner) sa place. Toutefois je ne pense pas qu'ils retournent à une politique de ghetto, ce n'est plus possible. Le gouvernement ne vise pas à écarter les pauvres, ou à les maintenir dans une condition inférieure. Il est simplement motivé par l'argent, et fait passer le profit immédiat avant la reconstruction durable du pays.

Et même si le foot est devenu un monde de fric répugnant, il y a un côté positif : dans ce pays, les gens existent enfin aux yeux du public international pour autre chose que pour leur passé. Mandela, Apartheid, townships... Alors n'êtes-vous pas énervés, quand la presse "s'empresse" de publier quantité d'articles déprimants et pessimistes, sur la pauvreté et les échecs du pays ?

C'est comme si on les enfonçait encore plus, alors qu'ils essaient de sortir de leur galère !!!

samedi 5 juin 2010

"À la façon" du haijin

Suite à mon billet précédent, voici quelques exemples de haikus.

Vieille mare –
une grenouille plonge
bruit de l'eau

Matsuo Bashô


La cueillir quel dommage !
La laisser quel dommage !
Ah ! cette violette

Naojo


Comme si rien n'avait eu lieu
la corneille
et le saule

Kobayashi Issa
 
 
Il faut qu'il y ait
dans le poème
un nombre
tel
qu'il empêche
de compter

Paul Claudel, Introduction de Cent phrases pour un éventail


ps : un haijin est un auteur de haikus...

Les sirènes de la circonvolution

Pourquoi Prévert est-il un grand poète ?
Parce qu'il a l'art de trouver les mots justes. Dans nos vies submergées d'informations, s'en tenir à quelques mots est une vraie gageure. Il y parvient avec simplicité. Ses poèmes ressemblent un peu aux haikus japonais : des aphorismes de 3 vers qui évoquent un instant ou une émotion, sans une syllabe de trop. Les phrases élaguées font ressortir l'essentiel. Et donnent tout leur poids aux mots.

Déjeuner du matin

Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler

Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder

Il s'est levé
Il a mis
Son chapeau sur sa tête
Il a mis son manteau de pluie
Parce qu'il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder

Et moi j'ai pris
Ma tête dans ma main
Et j'ai pleuré.

mardi 1 juin 2010

Le mariage. L'homme. La femme.

Entre le décolleté plongeant de Juliette, ses yeux qui brillent et ses trémolos dans la voix, et l'inévitable scène du rouge à lèvres, face à l'homme froid et droit. Entre la bistrote italienne résignée et tradi avec sa sagesse de comptoir, la mariée qui sourit et celle qui pleure, et la vieille pathétique qui se traîne en tremblotant avec son croûlant de mari à travers la place de l'église. Ou encore la touriste dans la lune que son mari remontrance tendrement parce qu'il sait ce dont elle a besoin au fond d'elle-même, mieux qu'elle-même...

Abbas nous prendrait-il pour le sexe faible ?

De toute façon, dans son film, l'homme ne vaut pas mieux. Incapable de faire face à ses responsabilités, incapable de s'arrêter, lui aussi égoïste et peu enclin à pardonner. Et le mariage n'est donc au final qu'un conformisme social, permettant aux jeunes de vivre leurs illusions et aux vieux de ne pas toujours crever seuls comme des chiens.

Bonjour la déprime.