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vendredi 19 novembre 2010

CAC 40 = Love me more !

nota bene : pour mieux savourer l'article, cliquez sur les liens en orange

Les entreprises ont besoin d'argent. Elles ont aussi besoin d'amour.
Toujours plus.
Le problème en France, c'est que l'argent... c'est un péché ! Pas de cadeaux ni de câlins pour les riches.
Alors comment envoyer du glam' dans les yeux du public quand on est un gros plein de sous aux dents de requin ?

Voici les conseils de Dr Love, inspirés par un groupe du CAC 40 ayant souhaité rester anonyme :

  1.  On le sait, les "holdings" n'ont pas la cote par chez nous. Le mot rappelle trop les empires à la Citizen Kane, qui perdent leur âme dans les dollars. Préférez la périphrase d'intérêt général (ou hexagonal), du style : "Je suis un groupe français leader mondial de mon secteur". Les Français ont l'ego sensible, ils n'hésiteront pas à opérer un petit transfert amoureux et à reconnaître leur propre excellence dans votre attitude de vainqueur...
  2. Attention, comme le recommandent les pubs pour le Bon Marché, pour briller, il faut refuser les seconds rôles. Ne mettez pas en avant votre médaille d'argent. Faites plutôt appel à l'esprit d'indépendance gaullien, et pourfendez toute dictature hégémonique : "Je suis le no1 alternatif sur le marché".
  3. Enfin pour régler le problème épineux de la "class action" (procès intenté par un groupement de parties civiles contre une entreprise), ayez soin de d'appeler un chat un chat, et une "class action" un "jury populaire". Face à la parole de l'expert, on sait bien ce que valent les allégations hasardeuses et mal intentionnées de la populace.
Qui parle de langue de bois ? Au final, tout est une question de point de vue, dans un contexte donné. C'est ce qu'on appelle : de la sémiologie.

dimanche 8 novembre 2009

Débat, Autocongratulation ou Réhabilitation ?

Depuis une semaine déjà, notre bien-aimé ministre de l'immigration Eric Besson a ouvert un grand "débat" sur la question : "Qu'est-ce qu'être français ?"

http://www.debatidentitenationale.fr/

C'est une question intéressante, que je me suis particulièrement posée durant mon année au Canada.
C'est vrai qu'on peut se la poser dans le contexte actuel d'immigration, d'intégration à l'Europe, de rapport avec la religion.



La seule chose gênante, c'est qu'au final seuls les bons côtés sont affichés, et en plus des idées très "conceptuelles", détachées de la réalité quotidienne.
Il n'y a pas non plus vraiment de dialogue, simplement un espace d'expression et de documentation : le site, les interviews, la mediathèque. Il faut sans-doute penser que la question vise à soulever le débat, plutôt qu'à le mener. Et encore, je ne suis pas tout à fait convaincue de l'objectivité des sources !

Alors au final... le terme approprié ne serait-il pas plutôt "Grand Moment de Démagogie et d'Autocongratulation Collective" ?

Je ne crois pas qu'on puisse parler ici de "Réhabilitation", même si l'idée de revaloriser la nationalité, quasiment toujours assimilée au nationalisme, pourrait-être une démarche intelligente. A mon avis, le problème vient du fait que le débat est trop général : parle-t-on de nationalité, d'identité, de culture nationale, du sentiment d'être français, des conditions pour être français, des bénéfices de la nationalité française, d'un ou de plusieurs composants de ce qui distingue les français des ressortissants d'autres pays ?

Pour moi, une "Réhabilitation" de l'"identité nationale" ne peut pas se faire sans un retour sur ses fondements. Car la nation est une construction de l'histoire.