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mardi 1 juin 2010

Le mariage. L'homme. La femme.

Entre le décolleté plongeant de Juliette, ses yeux qui brillent et ses trémolos dans la voix, et l'inévitable scène du rouge à lèvres, face à l'homme froid et droit. Entre la bistrote italienne résignée et tradi avec sa sagesse de comptoir, la mariée qui sourit et celle qui pleure, et la vieille pathétique qui se traîne en tremblotant avec son croûlant de mari à travers la place de l'église. Ou encore la touriste dans la lune que son mari remontrance tendrement parce qu'il sait ce dont elle a besoin au fond d'elle-même, mieux qu'elle-même...

Abbas nous prendrait-il pour le sexe faible ?

De toute façon, dans son film, l'homme ne vaut pas mieux. Incapable de faire face à ses responsabilités, incapable de s'arrêter, lui aussi égoïste et peu enclin à pardonner. Et le mariage n'est donc au final qu'un conformisme social, permettant aux jeunes de vivre leurs illusions et aux vieux de ne pas toujours crever seuls comme des chiens.

Bonjour la déprime.

mercredi 19 mai 2010

Shéhérazade, Ève, Hebba...

   
   Ah l'amour ! L'amour qui nous fait vivre et nous rend fous... Yousri Nasrallah, avec une grâce toute orientale, déroule son ode à la sensualité et aux tourments de la femme, dans "Femmes du Caire", titre extrêmement mal choisi pour traduire le titre arabe, qui signifie "Shéhérazade, conte moi ton histoire".

   À la fois manifeste politique et social, mise en scène du monde des médias, et série de portraits vifs et émouvants, ce film vaut la peine d'être vu. On y trouve un mélange de modernité et d'effets "passés", un peu comme une photo des années 1970 dans un appart' design. Autant dans les différences entre les personnages présentés, que dans la réalisation : on passe d'un générique métaphorique très "nouvelle cuisine", aux images de la télé égyptienne avec tous les parasites et les défauts d'image qu'on peut imaginer. L'atmosphère est très travaillée, avec un emboîtement des histoires, mais aussi des prises de vues : on observe les personnages à travers une grille, par le regard d'une caméra de surveillance, dans le reflet d'une vitre. Autant de méandres qui nous font plonger dans la fiction, puis nous renvoient à nous même.

   Doit-on pour autant assimiler ce film à du mélo ? Je n'en suis pas sûre. Quelques scènes très trash nous rappellent la réalité du sujet. Et les personnages sont trop dignes pour tomber dans le pathos.