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lundi 21 juin 2010

Haro sur le baudet !


D'après un rapport de l'ONU, des quartiers pauvres ont été rasés dans les villes sud africaines, afin de construire des stades de foot. S'agit-il d'un éternel recommencement du régime d'apartheid ?

Je suis convaincue que c'est un pays où il ne fait pas bon vivre, et où l'administration est totalement inégalitaire : tout le monde est discriminé, et lutte pour maintenir (gagner) sa place. Toutefois je ne pense pas qu'ils retournent à une politique de ghetto, ce n'est plus possible. Le gouvernement ne vise pas à écarter les pauvres, ou à les maintenir dans une condition inférieure. Il est simplement motivé par l'argent, et fait passer le profit immédiat avant la reconstruction durable du pays.

Et même si le foot est devenu un monde de fric répugnant, il y a un côté positif : dans ce pays, les gens existent enfin aux yeux du public international pour autre chose que pour leur passé. Mandela, Apartheid, townships... Alors n'êtes-vous pas énervés, quand la presse "s'empresse" de publier quantité d'articles déprimants et pessimistes, sur la pauvreté et les échecs du pays ?

C'est comme si on les enfonçait encore plus, alors qu'ils essaient de sortir de leur galère !!!

lundi 1 mars 2010

Invictus / Disgrace - 2nd round

Chers auditrices, chers auditeurs,

Me voici de retour pour arbitrer le 2è round entre les films de Clint Eastwood et Steve Jacobs. Le critère d'évaluation sera aujourd'hui la qualité du contenu. (Ceci est une critique d'amatrice, en aucun cas un avis d'expert)

1. Le scénario : Invictus 0 / Disgrace 1
Invictus : on sait d'avance ce qui va se produire, que ce soit la fin ou l'évolution des personnages. Le match final occupe une place démesurée par rapport au reste de l'histoire, alors que c'est la partie émergée de l'iceberg. Les scènes de foule doivent bien durer 10 mn à elles seules. Le point clé : la rencontre entre Mandela et François Pienaar est bien peu valorisé. La scène est vite expédiée et on ne voit pas bien son impact sur les personnages. L'histoire manque de surprise notamment car le fil est continu. On n'échappe à aucun cliché : le match avec les enfants qui sourient, les discours moralisateurs du président, les gardes du corps blanc et noir qui finissent par reconnaître leur valeur mutuelle et par se taper dans le dos, ...
Disgrace : Même si on connaît la teneur de l'histoire, plein d'à-côtés sont à découvrir. Chaque événement est riche d'ambiguïtés. La relation entre les personnages est mis en perspective avec le contexte du pays, ce qui donne de la profondeur.

2. Les dialogues : Invictus 0 / Disgrace 1
Invictus : dialogues plats voire absence de dialogues, juste des phrases pour que le spectateur comprenne l'histoire, vu que les images ne suffisent pas. 0 possibilités d'interprétation.
Disgrace : satisfaisants. des silences éloquents. Des références à la littérature anglaise bien utilisées (Byron)

3. Les acteurs : Invictus 1 / Disgrace 1
Invictus : la finesse de Morgan Freeman contraste avec la lourdeur du film. On dirait Jésus. Une belle prise de muscles du côté de Matt.
Disgrace : Chaque personnage a sa personnalité et son ambyvalence. Aucun n'est totalement attachant, aucun n'est totalement détestable. Et je trouve le personnage de Jessica Haines très émouvant. On sait qu'elle est lesbienne, mais on ne nous impose aucun des clichés habituels. Au contraire ce choix (discret) est comme une accusation latente à son père dans le film.

4. La réalisation : Invictus 0 / Disgrace 1
Invictus : quelques scènes d'archives bienvenues, quelques rythmes africains sympas. Mais tellement de lourdeur dans les effets, que je me suis vraiment demandé si ce n'était pas du second degré ! Mon passage préféré : le ralenti sur la main aux fesses, dans la mêlée. Tellement sexy...  Et puis une vision de la virilité un peu trop militaire pour moi : des durs qui dirigent les autres par l'exemple, et qui savent se battre au-delà de l'humainement possible, pour leurs idéaux. Pas des lopettes quoi...
Disgrace : de beaux cadrages, des travellings  qui créent du suspens. La caméra joue avec le contexte (magnifique) et ne reste pas sans arrêt focalisée sur l'action. On a droit à des pauses ! les enchaînements sont travaillés. Au début en particulier, les tremblements de la caméra transmettent le trouble du personnage. On ressort mal à l'aise, et c'est bien.

Score final : Invictus 1 / Disgrace 4
Le gagnant est donc... Disgrace !
Les remarques de ceux qui ont vu ces films sont les bienvenues. Le débat est ouvert !

Attention, un 3è et dernier round est encore à venir

lundi 22 février 2010

Invictus / Disgrace - 1st round

    A quelques mois d'intervalles, 2 films sont sortis, concernant l'Afrique du Sud post-apartheid (= post 1990). A première vue, les affiches ne promettent rien de très surprenant : un blanc, un noir, des gens qui ne se regardent pas, le noir dans une position proéminente.


Si on observe les images d'un peu plus près, on constate que :
  • du côté de Invictus, les gens sourient et ont l'air heureux. Alors que du côté de Disgrace, ça ne rigole pas. C'est à peu près l'état dans lequel cherche à vous mettre chaque film ?
  • Autre remarque, les deux titres sont à l'opposé l'un de l'autre : en latin, "invictus" signifie invaincu, voire invincible. Disgrace au contraire évoque la défaite et le chute, la fin de "l'état de grâce". On commence à entrer dans le vif du sujet.
  • Enfin au 3ème plan, on trouve des drapeaux, avec un foule en délire, versus... une femme devant une ferme. À gauche les personnages se tournent le dos mais regardent dans la même direction. à droite les regards de chacun sont lourds d'arrières-pensées, aucun ne regarde la même personne, et le spectateur est directement pris à partie par le regard du noir. Ça y est on a compris, d'un côté c'est de la propagande en faveur d'un idéal national humaniste et fédérateur, de l'autre un film qui traite des relations humaines, ancré dans la réalité (la nôtre).
    Cet aspect est renforcé par la source d'inspiration de chacune des oeuvres : pour Invictus il s'agit d'un poème de William Ernest Henley, poème paraît-il préféré de Nelson Mandela, dont le "maître vers" est : I am the captain of my soul. Pour Disgrace, il s'agit du best-seller de Coetzee, dont la clé serait un vers du poète Yeats : That is no country for old men. Là où Clint s'est accordé une épopée bien pensante à l'américaine, incarnée par des (super)héros (inter)nationaux, Steve parle de du changement et de la violence, par le biais du vécu des personnages.

    Malgré la banalité des codes (l'obésité des ficelles ?) utilisés pour l'affiche d'Invictus, un mauvais point pour celle de Disgrace ne permet pas de la nommer gagnante de ce 1er round : que dire du kitsch du coucher de soleil, de la fadeur du sous-titre "peut-on échapper à ses démons ?", ou de la platitude du jeu de regards ?

On regrette que la version anglosaxonne n'aie pas été retenue :
























Résultat du 1er round : égalité.
La suite quand j'aurai vu Invictus...